Header-reviews

Reviews (All)

Excerpts

2012-04-27 • le Journal de Montréal
Anna Vinntiskaya - Ravel

Le plus grand interprète de Maurice Ravel fut sans contredit l’énigmatique pianiste François Samson. Par un esprit de synthèse et une compréhension parfaite de l’œuvre, il domine outrageusement : Pavane pour une infante défunte ainsi que Gaspard de la nuit, tous les deux présents dans cette nouveauté. À vingt-neuf ans, la pianiste russe Ann Vinnitskaya tire bien son « épingle du jeu », par l’intermédiaire d’une poésie intrinsèque et un équilibre profond dans le jeu. Sans être une virtuose, mais donnons-lui le temps, elle maîtrise bien son sujet, évoque la tendresse comme les atmosphères. Bravo !

2012-04-19 • Crescendo (Belgium)
Joker

La photo de la pochette nous l'indique : le regard prenant et puissant de Anna Vinnitskaya est là pour nous séduire. Et le Premier Prix du CMIREB (Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique) 2007 y réussit. Dès les premières notes de la Pavane pour une infante défunte, on est plongé dans une atmosphère inhabituelle; la lenteur peu traditionnelle avec laquelle Vinnistkaya aborde la pièce nous situe d'emblée dans la continuité fauréenne. Pourtant, Nichols (voir plus bas) nous rappelle que Ravel estimait la durée de cette pièce de jeunesse entre 6 et 7 minutes; Vinnitskaya nous l'interprète en 6 minutes et 29 secondes. Les Miroirs de 1905 marquent par leur nouveauté et leur étrangeté une transition dans l'évolution musicale de Ravel. Ce sont la grâce et la musicalité que Vinnitskaya décide de mettre en avant, laissant l'aspect virtuose au second plan ; elle n'a plus à faire ses preuves dans ce domaine. Enfin, du Gaspard de la nuit créé en 1909, c'est la magie sinon la sorcellerie de la pianiste que nous retiendrons jusqu'à l'apothéose finale du "Scarbo, lorsqu'à minuit la lune brille dans le ciel comme un écu d'argent sur une bannière d'azur semée d'abeilles d'or" comme le rappelle le poème d'Aloysius Bertrand. Une superbe interprétation qui, par ses partis pris, ne fera sans doute pas l'unanimité mais qui saisit bien Ravel comme un maître de la couleur, de la poésie et de la sensualité musicale.

2012-04-18 • La Libre Belgique
Maurice Ravel

Première lauréate du Reine Elisabeth en 2007, Anna Vinnitskaya est "une nature" : puissante, sensuelle, spontanée, aussi à l’aise au clavier que dans cette forêt où elle aime se balader. Sa profonde musicalité associée à une virtuosité confondante lui permet de se fier à son instinct, ça marche généralement mais pas toujours, Ravel faisant office de pierre de touche sur la question. La "Pavane", par la simplicité et la poésie décalée de son écriture, se révèle un piège, les "Miroirs" - en particulier "Alborada" - sont éblouissants de dynamisme et de couleurs, "Gaspard" culmine dans les assauts de "Scarbo".

2012-04-13 • Le Temps
Ravel par Anna Vinnitskaya

Le chic d’Anna Vinnitskaya, c’est de ne pas laisser la fulgurance de sa technique prendre le dessus sur ses choix d’interprétation. La Russe aborde Ravel avec une candeur, presque une simplicité, qui ravit. Son rapport aux clairs-obscurs est moins frénétique que chez Argerich, moins solitaire que Perlemuter. Justement. Il y a chez cette lauréate du Concours Reine Elisabeth un naturel qui appartient à ceux qui acceptent de se laisser surplomber par la musique. Les Miroirs étendent leurs contrastes dans la contemplation, Gaspard de la nuit étreint sa poésie comme en dedans et les éclats soigneusement réservés sont aussi puissants que fugaces. Vinnitskaya pourrait s’enivrer de gouaches fauve ou charbon. Elle choisit le pastel.

2012-04-02 • Diapason (601)
Diapason D´Or

Quand commence la Pavane pour une infante défunte, le cœur adoucit ce que le savoir sermonne: trop lente, certes, mais tendre, distanciée, discrète, Anna Vinnitskaya tutoie immédiament Ravel, qui ne se livre pas toujours si facilement. Les Miroirs sont d´une autre tempe. Les Noctuelles appraissent tellement inaisissables qu´à vrai dire elle se révèlent, au pied de la lettre, ininterprétables. Gare à celui qui prétendrait les attraper. Vinnitskaya ne s´y risque pas, et elle a raison : les flammèches, les ailes miroitantes passent en tous sens qui s´engouffrent en silence dans le bec des Oiseaux tristes joués „de l´intérieur“, d´une façon très perlemutérienne, sans la désolation cependant qu´y mettait ce grand ravélien. Vient Une barque sur l´Océan, pièce dont la difficulté pianistique n´est pas de celles que l´on résout par le travail des doigts : il faut savoir quoi dire pour donner une direction aux flux et aux reflux incessant. Vinnitksaya se coule dans le texte avec une délicatesse de touche incroyable : quelle grâce habille ces déferlements aqueux ! L´Alborada? Ouf ! La pianiste ne la traite pas comme un bis mai comme uns scène tragique, ce qu´est cette aubade de bouffon. Et quand il faut enfin sortir le grand jeu, elle attrape les glissandos avec maestria ! Reste La Vallée des cloches, qu´elle aborde avec moins de sens tragique et de sensualité que Perlemuter, plutôt dans un esprit de douceur résignée, de mise en espace sonore.

Gaspard de la nuit, œuvre bien plus enregistrée que Mirois, est sans doute plus facile à réussir et plus payant. Mais que celui qui s´y attaque fasse le malin et Ravel se venge. Ondine ets caressante, empoisonneuse sous le doigts d´une sorcière dont la magie méticuleuse fait sonner le piano comme s´il n´avait pas de marteaux : cela semble si naturel, si loin de toute volonté de plaire que l´on en écarquille les oreilles quand arrive la fin de la pièce et que le jeu prend, d´un coup, une ampleur fabuleuse. Du Gibet, rien à dire si ve n´est que la mort rôde avec ce si bémol effrayant, avant que ne surgisse Scarbo. Vinnitskaya se permet le pianissimo, l´insinuation, les éclats aussitôt refrénés, elle ose ne pas montrer ses doigts qu´elle a supérieurement agiles pourtant. Et l´œuvre prent tout son sens.

2012-03-24 • resmusica.com
Sobre est Ravel

Bête de concours, lauréate sans équivoque du Reine Elisabeth 2007, la jeune Anna Vinnitskaya a déjà marqué le public par des concerts incandescents caractérisés par une personnalité musicale exceptionnelle. Pour son troisième album, elle se consacre à Maurice Ravel, qu’elle interprète volontiers en concert.

Techniquement, il n’y a rien à redire dans les doigts de la jeune femme sont assurés et permettent de surmonter les plus redoutables difficultés de l’Alborada del gracioso ou de Gaspard de la nuit. Coté interprétatif, la pianiste tire Ravel vers ses zones d’ombres dans une optique noire et pessimiste. Des Miroirs, Vinnitskaya, plonge dans un monde de reflets et d’interrogations, où l’éclat se veut plus mat et brut que farouchement coloré et explosif. Elle ne retient que le « triste » des « Oiseaux tristes » et le ton est délibérément nostalgique et songeur. Une Barque sur l’Océan frappe par la puissance de ses lignes de basses, comme si le navire était embarqué dans une houle tumultueuse et destructrice. L’Alborada del gracioso défile à une vitesse vertigineuse et dans des couleurs tirées vers le doute et les abysses, le malaise perce derrière cette Espagne si éloignée des cartes postales trop bigarrées et fauvistes. Il en va de même d’un Gaspard de la nuit, tendu aux extrêmes, éclot d’un rêve cauchemardesque de son auteur. Ravel devient ici symboliste, comme sorti d’un tableau de Degouves de Nuncques ou de Fernand Khnopff. Le Pavane pour une infante défunte, convient à cette optique et l’on y salue la pianiste qui ne verse jamais dans le pathos facile.

L’artiste propose donc un Ravel hautement personnel, qui se trouvera une place d’outsider dans une discographie très encombrée. Les amateurs continueront de chérir les légendaires versions de Martha Argerich (DGG), de Vlado Perlemuter (Nimbus), de Jean Doyen (Accord), de Samson François (EMI), de Walter Gieseking (EMI), sans oublier les lectures contemporaines passionnantes de : Jean-Efflam Bavouzet (MDG), Alexandre Tharaud (Harmonia Mundi), Roger Muraro (Accord) ou l’excellent Steven Osborne (Hyperion). Mais l’originalité de la musicienne et ses incroyables compétences pianistes possèdent leurs arguments pour séduire le public. On regrette juste, comme trop souvent avec Naïve, une prise de son qui manque de clarté et de précision.

2012-01-14 • ConcertoNet.com

La seconde partie du concert est plus réussie. La jeune pianiste Russe Anna Vinnitskaya sait prendre son temps et ne cherche pas, comme tant de ses collègues masculins à imposer un style morbide et agressif à la musique de Rachmaninov. Son toucher est sans dureté et son cantabile est de grande tenue et enfin, elle a le jeu d’octaves qu’il faut avoir pour les variations finales. Les tempi plus naturels permettent à l’orchestre de s’équilibrer avec elle avec soin et on peut profiter des harmonies de l’œuvre qui si elles ne sont pas très modernes restent quand même très agréables et riches.

2011-04-20 • Diapason
Célébration symphonique (Salle Pleyel, le 12 mars - passionnément)

Le Concerto en sol de Ravel expose ensuite le style impeccable de la pianiste Anna Vinnitskaya justesse lumineuse de l'esprit, du mouvement intérieur. Son jeu très fluide écarte toute raideur ou précipitation Surtout, le son n'est jamais empreint d'une quelconque dureté. Un superbe achèvement, serti par une formation puissante et réactive. Que Levi soit un coloriste-né nous était connu depuis les disques gravés lorsqu'il était Music Director de l'Orchestre symphonique d'Atlanta.

2011-04-05 • Bangkok Post
Staggering performance of a killer concerto

Young Russian pianist Anna Vinnitskaya triumphs in the face of a fearsome technical challenge
Prokofiev's Second Piano Concerto is one of the works (the opera, The Fiery Angel is another) where the composer seems determined to leave the key performer comatose with exhaustion. The first movement's death-dealing cadenza, the breathless scherzo that follows, and the constant, sudden changes of mood and tone of voice throughout make demands calculated to drive any soloist to his limit.

None of this fazes the young Russian pianist Anna Vinnitskaya, who gives the killer concerto a staggering performance here. The technical demands of the work are fearsome, but just as hard to realise are the shifts of character that Prokofiev calls for in the score. Listen to how responsive she is to the composer's dramatic style at the very beginning of the concerto, where a lyrical statement of the main theme by the piano, played by Vinnitskaya in a way that suggests a personal reverie, luxuriates on a cloud-like, iridescent orchestral accompaniment by the strings and winds. Within three minutes the tempo has quickened, the piano has completely shaken off its languor, and the introspective theme heard at the outset is being shrilled out by high woodwinds to very different emotional effect.

Vinnitskaya's ability to shape and contour these changes of scale and atmosphere, backed by her chops as a super-virtuoso, come into full play in the latter part of the movement, where snappy piano writing subsides into a restrained restatement of the opening theme, one that gradually gathers emotional steam, reaching effusiveness as it expands into the huge cadenza. By 9:00 it has been driven into tempestuous musical surroundings where arpeggios race up and down the keyboard and, half a minute later, great chords and hyperactive passagework bring the movement to a spectacular climax that has blown up in a very short time and that should be too grand for a movement that lasts only eight and a half minutes. It works, though, and is awe-inspiringly exciting when played with the perfect balance of control and abandon Vinnitskaya brings to it.

The short second-movement scherzo that follows brings a complete change air. It is one of those hard-driven toccatas that Prokofiev loved, and in Vinnitskaya's hands it maintains a balance of manic joy and edginess as it spins along in its adrenaline-fuelled rush. The recording engineers are also virtuosos here, balancing the piano and the orchestra perfectly so that the winds and solo trumpet add accents of colour to individual notes in the runaway piano line without overwhelming them.

There are moments throughout the concerto where the pianist reveals her deep sympathy with its quirky style. After the stamping heaviness of the opening passage of the Intermezzo, she steers the music skilfully into more delicate emotional territory, then (at around 5:00) opens it out with snappy execution of left-hand figures that have a springy zip reminiscent of the scherzo of the composer's Sixth Piano Sonata. And listen to how Vinnitskaya and conductor Varga allow the weightiness of the opening music of the Finale to scale down to a soulful duet between soloist and cello.

The G stands for Gershwin in Ravel's G-major Concerto, and Vinnitskaya lets herself go with the jazzy touches in the score without going over the top. Listen to her beautifully languid way with the bluesy theme that begins after 1:00 of the opening movement, and to her pinpoint staccato attack in the music after 2:45. The heartbreaker piano solo that opens the second movement, as affecting in its simplicity and emotional depth as the one that begins the central movement of Mozart's K. 488 Piano Concerto, unwinds gorgeously, and the finale is dispatched with perfect precision and great speed, all of Ravel's fluorescent touches, from the clarinet shriek at the beginning until the concluding drum thwack, making their full effect.

Ravel asks a lot from orchestral soloists in this concerto, and the Deutsches Symphonie Orchester under conductor Varga give him everything that he could have wanted. The trumpeter who launches the first movement's high-voltage theme, the harpist who (with the disc's superb engineering) gives such glitter to the harp solo beginning at 4:38 in the first movement, and the rollicking clarinet in the finale are all stars.

I've always regretted that Gary Graffman did not record Prokofiev's Second Piano Concerto with Georg Szell and the Cleveland Orchestra during the 1960s, when he made his peerless recordings of the First and Third concertos. But I don't thing that even they could have surpassed with Vinnitskaya and Varga give us here. For me it goes to the top of the list, despite the excellence of earlier versions by Beloghova (with Ancerl and the Czech Philharmonic, my previous favourite), Ashkenazy, and Kempf The Ravel doesn't eclipse Michelangeli's version, or Collard's, or Zimerman's, but it is in their class. Don't miss this.

2011-04-01 • International Record Review April 2011
Prokofiev/Ravel

She is a wholly exceptional artist, the possessor of a fabulous technique, and her musical understanding is a very rare quality [...] Her playing of the Ravel Concerto is breathtaking [...] I am sure that this is just what Ravel wanted - it really crackles with electricity, her passagework as light and as brilliant as quicksilver. [...] These concertos are very different works, but this young pianist has the measure of them both - in spades.

2011-03-01 • MusicWeb
Recording of the month

This is a seriously impressive recording. The Prokofiev Second Concerto isn't the sort of piece you can make sound easy, but Anna Vin-nitskaya's control at the keyboard is astonishing, and her playing is near enough faultless. Not many pianists would dare programme the work for their orchestral début recording, but it is clearly the right choice for her. And there is subtlety here too: her dynamics range for the barely perceptible to the thundering, and both the gradual dynamics changes and the sudden shifts are handled with expert precision.

Precision and control are words that come to mind with the Ravel too. Like the Prokofiev, it is given a clean no-nonsense reading, and like the Prokofiev it is a work that responds very well to it. She approaches the jazz inflections as one might in Gershwin, with warmth but without any sort of stylistic exaggeration. Much of the passagework in the Ravel is presented with a muscular tone and plenty of rhythm. The piece responds just as well to more wispy and introverted approaches, but played like this it forms the perfect coupling for the Pro-kofiev. And whatever your views on the relative merits of the two composers, the Prokofiev is definitely the main feature of this disc, to the extent that you often feel his presence somewhere in the background of the Ravel. Much of the rhythmic drive in Vinnitskaya's playing comes from the left hand. She never lets the melody lead her, not even in the slow movement of the Ravel, instead keeping a rigorous balance between the two hands. If anything, this makes the virtuosity in the Prokofiev even more impressive, the focused stability of the left hand acting as the perfect complement to the more dazzling passagework of the right.

Naïve are clearly aware of what a huge star they have on their hands, so they've been sure to team her up with a top-class conductor, orchestra and sound team. The Deutsches Symphonie-Orchester Berlin have an excellent recent track-record on disc, and this one is no exception. The orchestra has a busy time of it too, especially in the Ravel, and their performance is up to the same high standard as the soloist. The unity of the string sound is as good as you could want, and the crispness of the various woodwind solos in both concertos perfectly matches the precision of Vinnitskaya's touch. The engineering too is superlative. Even the sound engineers are stretched in this repertoire. Both composers write well for the orches-tra, but they both throw in experimental textures that could easily disrupt the delicate balance between soloist and ensemble. Surprisingly, both the piano and the orchestra are crystal clear throughout.

While the engineers should take much of the credit for this, it is also worth considering what Vinnitskaya's technique offers in this respect. For much of the Prokofiev, it sounds like she is playing full whack, but the fact that so many of the details of the orchestration remain audible suggest that she is achieving this muscular tone at a range of lower dynamics. How does she do it? It's a complete mystery to me, but I can't wait to hear some more.

2011-01-02 • AllMusic, Canada
Prokofiev, Ravel: Piano Concertos

Naturally when one thinks of the words piano concerto and Russian, Rachmaninov comes to mind, but this album proves that Prokofiev is equally adept at composing a masterwork for the piano, the Piano Concerto No. 2, which is made up of four movements. Though the recording quality is a bit too soft at the beginning when the piano enters, the tone is very crisp and bright and perhaps a little too polished-sounding. Prokofiev is less tonal here than in some of his other works, and this certainly makes the concerto a challenge to play. However, Vinnitskaya is more than up to the task, as her elegant, delicate touch moves through runs in the first movement with great precision and handles lively, playful passages in the third movement with great agility. Vinnitskaya's style might be likened to a ballet dancer: supple, strong, but never ungraceful.

Sometimes the phrasing in the first movement sounds mostly horizontal; that is, we get the sense of the flow of the melody, with less emphasis of the vertical chords. However, it is clear that, though she has performed since childhood, she is young and there is still exciting promise to see her growth as an artist. Gilbert Varga sets a rapid tempo with the Deutsches Symphonie-Orchester Berlin in the fourth movement, but the pianist's blooming, majestic arpeggi never lag behind. Prokofiev himself held Maurice Ravel in great admiration, so it is indeed fitting that Ravel's Piano Concerto in G major is the second work on the album. From its shimmering begin-ning with the piano and orchestra in a dialogue together, to the ethereal orchestral passages of beautiful tone color that are un-mistakably Ravellian, Vinnitskaya captures well the spirit of the composer. Overall, the concerto is less of a showcase of the pianist than it is a tightly knit work between the piano and the orchestra, and once again Varga leads the orchestra with great skill while respecting Vinnitskaya's artistry.

2010-07-01 • International Piano, No.2 July/August 2010
International Piano CHOICE

Winner of the 2007 Queen Elisabeth Competition, Anna Vinnitskaya here takes on some of the most technically and musically demanding pieces in the repertoire and emerges triumphant. Whichever version you choose – Vinnitskaya elects to play the 1931 revision – there is no escaping the less than organic nature of Rachmaninoff´s thinking in the Second Sonata, in which ideas appear to collide rather than grow naturally out of one another. Vinnitskaya´s solution is to use colour and texture (deftly pedalled) as musically binding forces while keeping forward momentum on a fairly tide rein, theirby imparting a strong sense of 'belonging' to the work´s episodical leanings. Her control of dynamics is exemplary, from the gently whispered correspondences of the slow movement to the finale´s primeval eruptions, even if she doesn´t quite rival the emotional intensity of Gordon Fergus-Thompson´s classic account for Kingdom Records.

There is no shortage of electrical surge in Vinnitskaya´s gripping account of Gubaidulina´s 1962 Chaconne, which here emerges as a blinding masterpiece of coruscating invention. The way Vinnitskaya segues from the visceral central climax into the supreme delicacy of what follows and then builds inexorably towards another explosion of hyper-activity is unforgettable. Her ability to focus the listener's attention on the 'big picture' rather than just play for the moment als pays special dividends in the Medtner-Sonata, which posseses a compelling emotional coherence.

Finest of all is the Prokofiev, which Vinnitskaya unleashes with elemental ferocity, underpinned by a heightened structural instinct, which keeps the music pushing forward to its exultant final resolution.

2010-05-01 • BBC Music Magazine May 2010
Performance ***** Recording *****

As winner of the 2007 Queen Elizabeth International Music Competition and the 2008 Leonard Bernstein Award, Russian-born pianist Anna Vinnitskaya is clearly a name to reckon with. Her imaginatively devised and vividly recorded programme juxtaposes late-Romantic bravura (Rachmaninov and Medtner) with the more acerbic language of Prokofiev’s Seventh Sonata and Gubaidulina’s abrasive Chaconne.

There’s little doubt that she has the measure of each work, demonstrating not only formidable technical control but also a truly remarkable range of tonal colouring. One might quibble that in adopting a more reflective pose in the opening movement of the Rachmaninov (here in the later 1931 version) she doesn’t always convey the composer’s prescribed Allegro agitato. Yet there’s no denying the sheer beauty and richness of her sound, the central movement presented in a particularly haunting manner. The Medtner, too, is spellbinding with a veiled quality that captures the music’s sense of nostalgia as well as its fragility.

Gubaidulina’s rugged Chaconne of 1962, mixing strongly percussive writing with more enigmatic and withdrawn passages, is a highly accessible work played here with tremendous brilliance. Finally Vinnitskaya offers an extremely compelling account of Prokofiev’s Seventh Sonata with a terrifyingly relentless Finale. By opting for an unusually fast and furious tempo for much of the first movement she certainly coveys the music’s sense of unease, though some might argue that in the slow movement her approach is too chilly, somewhat in contradiction to Prokofiev’s marking of Andante caloroso.

2009-06-21 • l’Express
Anna Vinnitskaya / Rachmaninov, Goubaïdoulina, Medtner, Prokofiev

POURQUOI ? Si les jeunes pianistes doués ne manquent pas, peu possèdent la maturité d'Anna Vinnitskaya, lauréate du prix Reine-Elisabeth en 2007.

MAIS ENCORE... Son premier disque, consacré à la musique russe du xxe siècle, est un coup de maître. La virtuosité incandescente de la Sonate n° 2 de Rachmaninov et la rage angoissée de la Sonate n° 7 de Prokofiev sont ici rendues avec une assurance confondante. Une révélation. Et une artiste à suivre, déjà.

2009-06-01 • Classica No. 113 (juin 2009)
Virtuose et imaginative

Plus qu’une carte de visite, le premier disque de la jeune pianiste Anna Vinnitskaya révèle une personnalité accomplie.

Lauréate de plusieurs prix dont celui du Reine Elisabeth en 2007, Anna Vinnitskaya stupéfie par la maturité et la personnalité de son jeu. Le programme lui convient à merveille, non seulement parce qu’elle dispose de moyens techniques impressionnants, mais aussi parce qu’elle caractérise chaque pièce.

Quoi de plus opposé en effet que le romantisme post-brahmsien de la Sonate « Réminiscence » de Medtner, à la verticalité orchestrale et aux déflagrations de la Chaconne de Goubaidoulina ? La première pièce est construite dans l’esprit d’une improvisation ou d’une ballade nimbée de rayons de lumières irisées. La deuxième joue sur la pulsation et une percussivité réjouissantes. Sans raideur, évitant toute sonorité cassée, Anna Vinnitskaya met en relief le foisonnement des idées, mais aussi la beauté sensuelle de la Chaconne. La construction de la pièce bâtie sur une série de variations n’a jamais été aussi bien traduite par ses précédentes interprètes (toutes féminines !), y compris depuis la dédicataire, Marina Mdivani, et jusqu’aux prestations de Diana Baker, Béatrice Rauchs et Marcela Roggeri.

La Sonate n° 2 de Serge Rachmaninov dans sa version révisée de 1931 est toute compacte, d’un élan symphonique. Chaque détail de la partition est mis en valeur avec une sûreté et un goût parfait des contrastes. La Sonate de Prokofiev est tout aussi aboutie.

Même en se doutant qu’il y eut certainement des montages, on est bluffé par la poésie de l’interprétation. Le toucher d’Anna Vinnitskaya est à la fois précis et juste dans l’expression de la liberté du chant ainsi que dans le refus de tout alanguissement dans la valse de l’andante caloroso. Cette version possède une profonde musicalité, un équilibre instinctif entre l’expression de la rage et de l’angoisse. Elle rejoint les références d’Argerich, Ashkenazy, Gavrilov, Kasman, Pollini, Richter, Sofronitzky...

2009-05-05 • arte.tv
Anna Vinnitskaya - „Sonates pour piano“

La jeune pianiste Anna Vinnitskaya nous propose un voyage en terre de Russie. Un disque haut en couleur remarquablement capté par Nicolas Bartolomé.

Les mélomanes férus de technologie, entourés de matériel de pointe, nourrissent généralement le fantasme d’approcher, par le biais de leur chaîne hi-fi, la vérité du concert. Qu’importe si la musique a été captée à l’ombre des studios, qu’importe l’artifice des micros, les bidouillages de la technique : qu’une prise de son s’impose par sa présence, et les voilà heureux.

Nicolas Bartolomé fait partie de ces ingénieurs du son capable d’inventer de toutes pièces une réalité absente. Si je commence par parler de son travail, c’est qu’il dépasse en beauté sonore la majorité des productions actuelles. Je ne sais pas à quoi ressemble le piano d’Anna Vinnitskaya, mais je rêverais d’entendre en concert une telle présence, de telles nuances, un tel espace…

Cela dit, on ne fait pas un disque avec le seul génie de la technique. Cela se saurait ! L’illusion du concert ne se crée pas seulement avec un halo sonore, mais implique un esprit, un mouvement, un programme. Le premier mérite de cette jeune pianiste russe (lauréate en 2007 du Concours Reine Élisabeth de Bruxelles) tient à la conception de son programme qui parvient à conserver une parfaite cohérence tout en évitant le piège de l’unité de façade : la culture commune qui lie les compositeurs entre eux se charge de faire le lien entre des styles assez éloignés. Le lyrisme de Rachmaninov, les contrastes de Gubaidulina qui oscille entre emphase et méditation, la douceur mélancolique de Medtner, la noirceur parfois violente de Prokofiev, tout cela se complète admirablement et forme un véritable parcours.

Anna Vinnitskaya construit son disque comme d’autres leur programme de concert. Le but étant d’emmener l’auditeur quelque part et de le rendre un peu plus intelligent, elle ouvre une perspective sur 44 ans de musique russe en faisant de cette musique un espace parfaitement structuré. Pour cela, elle ne se contente pas de suivre un chemin dicté par une simple logique stylistique, elle fait de son piano le lieu même où cette musique s’exprime. Cela suppose de mettre une virtuosité à toute épreuve au service d’un imaginaire à la fois rythmique et mélodique et de faire sonner ces œuvres comme si elles sortaient d’un même corps. Interpréter, ce n’est au fond rien de plus…

2009-05-01 • Diapason (569)
Diapason d´Or Découverte

Discipline de Evgueni Koroliov à Hambourg et victorieuse du Concours Reine Elisabeth de Bruxelles en 2007, Anna Vinnitskaya enregistre un premier disque consacre à des compositeurs (Rachmaninov, Goubaidulina, Medtner, Prokofiev) qui font partie de son arbre généalogique. Les dés sont jetés avec le Sonate n.2 (version révisée de 1931) du premier; la soliste s´engage dans un corps à corps intense avec la matière, littéralement sculptée, dans une course à l'abîme maîtrisée par une technique souveraine.

Dans la Chaconne de Sofia Gubaidulina (composée en 1962 à l´âge de trente et un ans), Anna Vinnitskaya fait preuve d´un contrôle rythmique sans faille et d´une virtuosité contrastée, où la légèreté de touche le disput à la puissance sonore. La même impression prévaut avec la Sonate „Réminiscence“ de Medtner (1918), dant les élans les plus véhéments sont contrôlés par une exécution d´une grande poésie, entre fulgurance et méditation.

Le sense de l´architecture est aussi l´apanage de sa vision de la Sonate n.7 de Prokofiev, où le sentiment guerrier (Allegro inquieto) est contrebalancé par des feulements sonores cristallins (Andante caloroso). Le terrifiant finale (Precipato), loin de se réduire à un martèlement vide de contenu, apparaît plus dosé que motorique. Chaque note acquiert un timbre approprié au service pourtant d'une conception systémique. Mieux qu'une carte de visite impressionante, un récital habité, qui, d'entrée de jeu, impose Anna Vinnitskaya parmi les jeunes interprètes appelés à occuper un rôle de premier plan.

2008-09-29 • Washington Post

Pianist Anna Vinnitskaya, a laureate of a half-dozen major international competitions, made her North American debut in the Kennedy Center's Terrace Theater on Saturday afternoon, meeting high expectations with aplomb. This artist, at 25, is in the full flower of her musical and pianistic abilities. [...]

Vinnitskaya is a true lioness at the keyboard, devouring the most difficult pages of music with adamantine force. She seemed almost to relish the technical thickets, never rushing, never banging, maintaining control of wildly different simultaneous textures (in the Gubaidulina Chaconne) and pacing long buildups with unswerving focus. In this literature, she has everything a top-level artist needs.

But the question of what Vinnitskaya would do in Bach, Mozart or Schubert hung in the air afterward. [...] In the contemplative F-sharp major section of the Liszt, the color and pacing were a little bland, almost as though her interest flagged when the technical challenges went away. But certainly, this was a most auspicious debut of a major talent.

2008-09-29 • Ionarts.blogspot.com
Hats Off, Gentlemen...

The 2007 first prize winner of the Queen Elisabeth International Music Competition put together a blockbuster program that overwhelmed the senses both by its virtuosity and its musicality.

That someone could find so much music in a program that consisted primarily of Medtner, Rachmaninov, and Liszt and also get (almost) all the notes in this most difficult repertoire was a remarkable achievement. That the musician in question is a still largely unknown (at least on this side of the Atlantic) 20-something made it evident that Vinnitskaya has the potential to be making not only excellent, but extraordinary music in her career. [...] Let us just hope that we will have the chance to hear Vinnitskaya perform again and often.

The program first showcased Vinnitskaya's exciting, hard-fingered pianism with Sofia Gubaidulina's modern updating of the chaconne. With parallelisms, copious dissonance, and other 20th-century harmonic gestures, Gubaidulina explores the historical form and undermines it, notably with a fugal section where the bass repetition disappears completely. It was the only moment of austerity in a generally ear-pleasing program. Nikolai Medtner's music is often as backward-looking and broadly neo-Romantic as that of Sergei Rachmaninov. Vinnitskaya gave Medtner's Sonata Reminiscenza in A Minor (op. 38, no. 1) a smoky nostalgia, shaping it beautifully without indulging in too much of the treacle.

The real meat of the program was the paired sonatas of Rachmaninov and Liszt. The tempestuous opening of Rachmaninov's second sonata, in the composer's own 1931 version, had a few skittish slips that turned out to be a blip in a mind-blowing performance. Even more impressive than the booming sound of Vinnitskaya's power playing was the lacy, dewy soft passages which were poignant yet contained. [...]

Liszt's B minor sonata followed, in one of the more enigmatic, subdued, and yet astonishing performances of the work in my experience. The opening section was truly misterioso, not something puzzling 9to be passed over quickly, and the challenging passages had a magisterial sweep, even if some of the technical demands (octaves especially) could have used a little more polish. Again it was the gossamer touch in the rhapsodic sections that stood out as distinctive, with rubato used with sparing efficacy in both fast and slow sections. Even when large-chord sections reached a manic howl, the voicing of the melody within was etched and shaped.

2008-08-03 • ConcertoNet.com
La classe d’Anna Vinnitskaya

La pianiste installe d’emblée le climat des Kreisleriana (1838) de Schumann qu’elle parcourt avec une fougue admirablement domptée. Elle confère caractère et rêverie aux différentes pages de cette partition qu’elle conçoit manifestement comme une succession d’instantanés. Pour autant, le discours s’avère hautement élaboré et la technique admirable, en particulier la respiration et la profondeur du toucher. [...]

Anna Vinnitskaya entretient beaucoup d’affinité avec le romantisme allemand, comme en témoigne sa lecture des Fantaisies de l’Opus 116 (1892) de Brahms. Elle en explore la richesse expressive en toute intelligence et sans s’abandonner dans des abîmes d’introspection. Une fois de plus, la beauté du toucher et le galbe des lignes font merveille, autant de qualités manifestées dans la Pavane pour une infante défunte (1899) de Ravel offerte en bis.

Classe, musicalité, maîtrise digitale : voilà une pianiste dont il faut sans nul doute retenir le nom. [Festival de Radio France, Montpellier]

2007-10-17 • Luxemburger Wort
Un feu d´artifice pianistique

Une grande virtuosité guidée par une pensée originale et forte font que cette pianiste se profile comme un des espoirs les plus sûrs de la scène musicale internationale. Tour à tour d´une finesse aérienne et limpide ou d´une force teintée d´un dramatisme puissant, elle nous entraîna par ses vastes possibilités expressives, atteignant un sommet dans uns interprétation de Rachmaninov d´une générosité lyrique et d´une poésie incomparable.

Déjà, dans la "Chaconne" de J.S. Bach et F. Busoni, on se rendit compte de son tempérament exceptionelle. [...] La pianiste a rendu le caractère grandiose de la pièce avec ampleur; foisonnements virtuoses et grandes accords sompteux conféraient une intensité presque extatique à certains passages. Force et vélocité... l´expression de l´interprète, toujours bien structurée, a heureusement donné une unité visionaire à la composition qui retrouverait chaque fois ses sources majesteuses. [...]

Ces variations [J. Brahms: op.35 I et II], d´une difficulté pianistique transcendante, démontraient la virtuosité souvent époustouflante d´Anna Vinnitskaya; forte heureusement la technique presque acrobatique exigée par ces variations était ici au service d´une musique riche et intéressante. [...] Si la virtuosité de l´artiste éveillait l´admiration, elle nous enchanta aussi pas des moments d´une délicieuse harmonie. D´une rapidité aérienne ou d´une bravoure flamboyante, on découvrit une jeu frémissant et une technique éblouissante. [...] La pièce se termina en élans rapides et grandes arpèges brillants, joués avec force dans le feu et d´un dynamisme juvénile irrésistible.

C´est dans la deuxième parie du concert, moins centrée sur la virtuosité, que l´on a pu le mieux apprécier le talent interprétatif de la soliste. On écouta d´abord "Images" pour piano - série I de C. Debussy. Evocateur d´impressions visuelles, "Reflets dans l´eau", mouvement aquatique évoluant en sonorité ondoyantes, en effleurements et transparences, était traduit avec une aisance naturelle. L´"Hommage à Rameau", noble et réfléchi, dans un style de sarabande, était rendu avec grande pureté. Vivace, aux trilles claires, aux croches marquées, "Mouvement" captivait par son charme envoûant et sa dynamique fascinante. [...] Elle entraîna le public dans un rêve sonore magique né d´un contact intime avec le clavier.

L´artiste atteignit un sommet interpretatif dans la sonate n.2 en si bémol mineur op.36 de S. Rachmaninov. L´oeuvre, d´une virtuosité de haute voltige, lui donnait l´occasion de montrer un lyrisme passioné et une puissance épique fascinante. Cette pièce exaltée de Rachmaninov trouvait ici une interprète capable de lui donner via dans un jeu fouguex et naturel.

2007-07-17 • La Libre Belgique
Anna, pianiste de l'émotion

Anna Vinnitskaya a conquis et même séduit le public du Juillet musical d'Aulne. La jeune pianiste russe de 23 ans, qui avait impressionné le jury du Concours Reine Elisabeth en mai dernier, a définitivement marqué les esprits dans notre pays. Spontanée, elle enivre le public par la perfection de son interprétation, mais aussi par les émotions qu'elle parvient à transmettre, que cela soit sur des airs de Mozart, de Ravel ou de Busoni. Sur scène, Anna Vinnitskaya se transforme.

Dès le premier contact avec le piano, la jeune artiste ferme les yeux et semble engloutir la musique, s'en imprégner et l'exprime sur son visage et son corps.

"Mais sans excès", analyse Sabine, musicienne venue savourer cet instant. "Elle est très expressive, mais elle a trouvé la juste mesure. Ces émotions sont authentiques et pures. Il n'y a rien de surfait chez elle. Par ailleurs, elle joue avec une aisance déconcertante les morceaux les plus difficiles". [...]

Au coeur des ruines de l'abbaye d'Aulne, le public, hypnotisé, aura vécu une grande soirée.

2007-07-03 • Luxemburger Wort
Un évènement pianistique grandiose

D´une brilliante écriture pianistique, célèbre par son thème grandiose et lyrique, le concerto pour piano no 1 en sib mineur op.23 de Tchaikovsky était traduit dans toute sa splendeur par Anna Vinnitskaya. D´une musicalité enchanteresse, la pianiste se montra profondément engagée et poètique. L´oevre, enivrante par son symphonisme, captivante par des éléments issus du folklore ukrainien, était rendue avec passion; soliste et musiciens s´y montrèrent également inspirés. Exposé par l´orchestre, le thème du premier mouvement, fougueusement rythmé par les accords du piano, créait d´emblée une atmosphère submergeante. Ivresse et apaisement, Anna Vinnitskaya montra les multiples facettes de son talent; puissante, intense, ou ludique et sublime, elle nous émut à chaque instant. On a aimé sa subtilité cristalline dans l´andantino semplice, la vivacité du dialogue entre soliste et orchestre du mouvement final. Voici une soirée que l´on gardera en mémoire pour ses interprètes éblouissantes et pour sa grande musicalité.

2007-07-03 • Pizzicato 09/2007

Anna Vinnitskaya, rayonnante de confiance, s´assit au piano avec une concentration absolue et se lanca avec ardeur dans l´interprétation d´un des Concertos pour piano les plus populaires, et exigants, qui soient. Elle en releva les défis techniques ave passion, domina l´orchestre sans effort apparent et, telle une grande dame, s´imposa de bout dans une intreprétation soigneusement élaborée. S´appuyant sur une technique inébranlable, melant souplesse et puissance, son éclatante palette d´effets sonores fit merveille dans ce Concerto romantique aussi bien que dans les deux bis qui suivrent.

2007-06-25 • resmusica.com

Bénéficiant, alle aussi d´une technique hautement assurée et d´une variété de toucher des plus encyclopédiques, elle parvient à faire chanter avec émotion et sensualité cette musique [Chostakovitch I].

2007-06-18 • Vers l´Avenir

Enfin, la gagnante de cette édition, la jeune russe Anna Vinnitskaya cloture ce concert. Elle est superbe, elle a une technique impeccable et elle a choisi le premier concerto de Chostakovich. Elle met tout son talent et son humeur dans une oeuvre brilliante, et qu´elle joue avec un plaisir évident.

2007-06-07 • The Bulletin

Vinnitskaya, poised and selfassured, was a commanding presence. She chose Beethoven´s Sonata No. 13, Quasi una fantasia, for her solo effort, with a soft, sure touch in the Andante´s opening measures that gave way to tempestuousness in the Allegro molto e vivace, expresiveness in the Adagio and joyful polyphony in the concluding Allegro. Her rendition of Prokofiev´s Concerto No. 2 went beyond virtuosity, making the work a musical whole.

[...] Pressler also said that the level of this year´s crop of candidates was exceptionally high.

2007-06-04 • La Libre Belgique

Anna Vinnitskaya emporte la session 2007 du Reine Elisabeth avec panache. Dans son classement, le jury intègre les impressions du deuxième tour.

Tous - public, musiciens, professionnels - la mettaient dans le trio de tête: la Russe Anna Vinnitskaya, 23 ans, a obtenu le premier prix du Concours Reine Elisabeth 2007. Une victoire largement méritée et espérée depuis plus de quatre ans si l'on tient compte que la pianiste s'était présentée une première fois en 2003. Dès sa première appartition, la musicienne s'imposa par la plénitude de son jeu - sonorités superbes, technique aboutie, naturelle musicalité - dont elle élargit la portée au fur et à mesure des programmes proposés. Ses "Variations Paganini" de Brahms et plus encore son "Gaspard de la Nuit" de Ravel furent parmi les hauts moments du second tour (notre confère Nicolas Blanmont accepta d'être "changé en piano mécanique si elle ne passait pas en finales", il ne prenait pas de risque). Et à la dite finale, de la sonate op. 27/1 de Beethoven (pourtant très étrangère à l'esprit de concours) au concerto n°2 de Prokofiev, son concert s'inscrivit de bout en bout sous le signe d'une fabuleuse épopée, mêlant idéalement la poésie et la puissance.

2007-06-04 • Le Soir
Le triomphe d'une pianiste de feu

Anna Vinnitskaya, un premier prix qui récompense une musicienne de feu: des moyens prodigieux mis au service d'une pensée sans concession qui nous entraîne au coeur même des partitions.

Ce qui frappe dans cette édition 2007, c'est la grande diversité de personnalités entre beaucoup de candidats. Le temps d'une pseudo-objectivité aseptisée qui a desséché tant de talents est désormais révolu. Ces jeunes artistes osent s'exprimer à la première personne sans violer pour autant le texte qu'ils ont décidé de servir. La musique en sort grandie.

2007-06-04 • Vers l´Avenir

La grande gagnante Anna Vinnitskaya, une jeune russe de 23 ans, avait fait forte impression mercredi dernier. Elle avait débuté son programme avec la sonate op. 27/1 de Beethoven et terminé par le 2e concerto de Prokofiev qui avait soulevé un tonnerre d´applaudissements. Elle a imposé son rythme à l´orchestre et montré beaucoup de lyrisme. Une qualité qu´elle a développée au maximum dans le concerto de Prokofiev. Son jeu bondissant, assuré, qui alterne puissance, espièglerie et poésie, avait été salué par une veritable ovation. Le jury a été séduit par cette artiste capable de fongue autant que de sensualité. C´est une conteuse remarquable, capable d´emporter son auditoire dans des atmosphères très variées.

2007-06-04 • La Voix du Luxembourg

Anna Vinnitskaya, une jeune russe (23 ans) au jeu d´une élégance aérienne que ne contredit pas la puissance. Dès la demifinale, nous avions été séduits par la cohérence de ses interprétations. En finale, aussi bien dans sa Sonate de Beethoven (combinaison réussie d´énergie, de sens des nuances, de lisibilité et de progression), dans un imposé sereinement approprié, que dans un deuxième concerto de Prokofiev dansé-chanté-percuté, elle a fait la preuve de sa belle maturité expressive.

2007-06-04 • d´Wort
Energique, aérienne, musicienne

Depuis le début du Concours au fil de ses épreuves succesives, la jeune pianiste russe – elle n´a que vingt-trois ans – a imposé un réel tempérament musical. Remarquable technicienne, virtuose, mais cela ne va-t-il pas de soi de nos joursm elle est „musicienne“. Ainsi, lors de la demi-finale, son interprétation, son appropriation, du vingtième concerto de Mozart nous avait touchés par la densité sensible du propos, la sérénité expressive sont elle avait notamment imprégné la „Romance“. Dans la „Garspard de la nuit“ de Ravel, nous l´avions vue félin prêt à bondir, maîtresse dees sonorités, des couleurs et des atmosphères.

Lors de la finale, dans la Sonate No 13 de Beethoven, elle s´est montrée capable à la fois de force de nuances, de lisibilité et de progression rythmique et sonore. L´imposé, elle l´a fait sienm naîtrisant ses deux composantes, l´hypertechnique et l´élégiaque évanescente, ajout même à son interprétation une sorte de distance ironique, là où d´autres semblaient peiner encore à déchiffrer la redoutable partition. Son deuxième concerto de Prokofiev nous a „emballés“ par sa facon d´imposer son jeu sans négliger le réel dialogue avec l´orchestre. Au clavier, elle est élégante, souriante, aérienne. Vous l´aurez compris, nous – c´est-à-dire le public unanime – avons ratifié le choix du jury.

2007-06-03 • Le Soir

À Anna Vinnitskaya (Russie), un premier prix qui récompense une musicienne de feu: des moyens prodigieux mis au service d'une pensée sans concession qui nous entraîne au coeur même des partitions. On n'a pas oublié l'incandescence irrépressible de son 2e concerto de Prokofiev, ni la rigueur habitée de sa 13e sonate de Beethoven.

2007-06-01 • Le Soir
Merci l´artiste!

Des artistes séduisent, envoûtent ou interpellent. Anna Vinnitskaya subjugue. Jeudi soir, elle a enchaîné les atmosphères avec bonheur, lors de la finale du Concours Reine Elisabeth.

Son impassibilité d'apparence fascine mais elle dissimule une incroyable force extérieure. Cette technicienne surdouée n'a pas son pareil pour mettre ses énormes moyens au service d'un monde intérieur. Dans la Sonate op. 27/2 de Beethoven, elle enchaîne les atmosphères avec une versatilité en tout point fidèle à son surnom de „quasi una fantasia“. Introduction pensive de l'andante, débordements tumultueux de l'allegro, chant réfléchi de l'intermezzo, fierté altière du finale : tout Beethoven est bien là dans l'insatisfaction perpétuelle de ses aspirations.

Dès les premiers accords de La Luna y la Muerte, on a compris que la candidate a quelque chose à nous dire. Sa sonorité impose d'emblée un climat étrange qui contraste totalement avec la fougue démoniaque avec laquelle elle soulève la partie rapide. Sous ses doigts, la cadence devient une véritable étude sur les attaques et les intensités. Sans parler de sa capacité à tirer un parti aussi varié des effets de résonance qui émaillent la fin de la partition.

Dès le balancement inquiet du début, on saisit que la pianiste ruse a décidé de dominer ce 2e Concerto de Prokofiev et de lui restituer avec une clarté confondante son irrépressible force futuriste. Elle construit ainsi l'imposant andantino qu'elle conduit jusqu'à la terrifiante explosion de l'allegretto. Fugacité lunaire du scherzo, ironie oppressante de l'intermezzo, cette démonstration fascinante n'a pas son pareil pour réintroduire un surprenant instant de quiétude obsessionnelle au coeur d'un finale diaboliquement percutant.

2007-05-31 • La Dernière Heure

La musique lui traverse tout le corps, la sonorité du piano n´est que plus profonde et Beethoven que plus exceptionnel; il s´agissait de la Sonate Quasi una fantasia qui fuit interprérée avec un caractére inoui.

Celui-ci laissait présager un imposé de grande classe et, à mi-chemin des finales, on a même atteint un sommet sur le plan de la compréhension de l´oeuvre et du message technique et musical qu´elle peut représenter. Quelle sincérité dans la recherche chez la Russe avec comme aboutissement une interprétation des plus captivantes.

Mais que dire du 2e concerto de Prokofiev, l´un des plus périlleux du répertoire, où Anna Vinnitskaya dirige en quelque sorte les opéraions avec une maîtrise totale: celle du clavier et, surtout, celle de ce qu´elle veut exprimer et nous faire partager. C´est comme un combiné d´émotion et d´enthousiasme, partant de la plus authentique sincérité.

2007-05-31 • Crescendo, Au jour le jour

Donnée favorite lors des demi-finales, la Russe Anna Vinnitskaya installe sa présence avec douceur et sourires pour la seconde partie de la soirée. Beethoven et sa Sonate n° 13 en mi bémol, op. 27/2 „Quasi una fantasia“ offre un climat de tensions intérieures éclatant. Sonorités rondes et investies s’affirment avec des moyens éblouissants qui coulent d’une source généreuse. Communication et joie du partage, même s’il est parfois douloureux et complexe chez Beethoven, montrent une artiste épanouie dans son art et son intégrité musicale. Vivifiant les tensions intrinsèques à cette Quasi una fantasia, elle en esquisse les aspérités avec fougue et éclat, subtilité et finesse, intelligence et lumière. Continuant avec La Luna y la Muerte de Miguel Galvez-Taroncher, qu’elle joue sans la contribution du tourneur de pages, elle est la première à la restituer avec un tel degré d’imagination et de compréhension mélodiques. Jouant sur l’interactivité des sons feutrés dans leurs séquences propres et avec l’orchestre, elle communique dans l’instant un jeu d’échos rémanent qui semble galvaniser les membres de l’ONB et Gilbert Varga. Rage effrénée et colère du désespoir se mêlent au tissu orchestral d’une partition qui prend ici toute sa substance grâce à l’investissement d’une candidate qui en a intégré les moindres recoins. Le morendo final qui suit une cadence de désespoir et de rage la propulse dans l’assouvissement et l’enchevêtrement de lignes cursives, balancées entre dynamiques et mélodies introspectives jusqu’au contraste d’un infini rêveur et éblouissant. Ce sera sans nul doute l’une des meilleures visions de l’œuvre imposée de ces finales…

Terminant sa prestation avec le Second concerto de Prokofiev en sol mineur, op. 16, elle affirme la plénitude d’un tempérament bien russe avec une incroyable intensité et une redoutable assise technique. Musicienne à l’état pur, elle est l’une des révélations de ce concours grâce à sa joie communicative, à son plein épanouissement de sonorités chaudes, résistantes, inventives et ineffables dont elle se sert pour assurer un véritable spectacle pyrotechnique. Galvanisés par tant d’audace, de probité musicale et de plaisir de l’instant, chef et orchestre ne font plus qu’un avec Anna Vinnitskaya acclamée très vivement à la fin de sa prestation par un public ravi de tenir une personnalité étincelante et étonnamment décontractée!

2007-05-31 • La Libre Belgique
Vinnitskaya où l´épopée concertante

Quant l'artiste raconte. [...] Les sonorités de la pianiste russe en disent long. Ovation en fin de parcours.

Oui, c'est bien „quasi un fantaisie“ que nous interprète Anna Vinnitskaya pour commencer. La sonate op. 27/1 de Beethoven défile comme le récit d'une vie. La première mélodie, interprétée avec douce innocence dans l'andante, évoque des souvenirs enfouis avant d'éclater avec brio dans l'allegro. Dans le deuxième mouvement, le jeu, déluré et décidé, léger et grave, nous mène jusqu'à l'adagio sur un rythme acharné, soutenu avec fougue.

Contraste d'ambiance très réussi lorsque apparaît une mélodie toute simple d'une fraîcheur et d'un naturel touchants, précédant l'explosion d'un allegro très enlevé, très accompli dans sa forme polyphonique et finement nuancé. Après la brève et nostalgique évocation du thème de l'adagio,c'est l'apothéose: la sonate aura eu belle vie.

Chez Vinnitskaya, c'est d'abord ce son charnu, d'une parfaite plénitude qui impressionne, et cela tout particulièrement dans la partie rythmique de l'imposé. Le jeu est bondissant, dansant, assuré (elle tourne elle-même les pages !). Tendue, la cadence suit le mouvement, portée par une expressivité de chaque instant. Une belle construction s'en dégage, même si les silences demandés par la partition sont oubliés.

La nuance fortissimo domine, y compris „de l'autre côté“ (celui de la mort): avec Anna, la vie résiste jusqu'au dernier moment, grâce au lyrisme qu'elle parvient à dégager de la ligne „mélodique“. L'orchestre entre à pas de loup et Vinnitskaya commence à nous lire, sur un ton grave mais calme, l'histoire du concerto n.2 de Prokofiev dans un récitatif mélodique („narrante“) très soutenu.

La pianiste s'illustre parfaitement dans une musique acrobatique qui cherche les effets spectaculaires autant que la profondeur du discours. Puissance sonore et poésie apportent au discours une ampleur orchestrale impressionnante (passionnante), qui domine dans la gigantesque cadence et conduit à un paroxysme héroïque repris à l'orchestre. Après la tempête, on se retrouve en eaux calmes pour replonger aussitôt en plein scherzo tourbillonnant, trépidant dans un jeu plus que jamais décidé et inventif.

Débarquement de l'intermezzo: Anna devient espiègle, puis conquérante, elle offre au public sa propre épopée symphonique, dotée d'une infinie diversité mélodique. Sarcasmes, tempêtes et berceuses se succèdent dans le dernier mouvement, tour à tour poétique et trépidant. Ovation!

2007-05-21 • Le Soir

Une sonorité travaillée en pleine pâte, mais qui ne perd jamais rien de sa beauté; voilà une artiste capable de fougue autant que de sensualité. C´est une conteuse qui peut nous emporter dans des atmosphères très variées.

2007-05-21 • La Libre Belgique

Anna Vinnitskaya dans le K. 466 de Mozart: rehaussée par la présence de la Reine, cette dernière àprès-midi de demi-finale commence bien.

La candidate insuffle dans l´allegro sa naturelle musicalité et son tempérament généreux, portés par un jeu rond et brillant et un magnifique legato.

2007-05-18 • Le Soir

C´est également de Ravel, mais cette fois sous les doigts d´Anna Vinnitskaya (Russie), que nous viendra le grand moment de cet après-midi. Subtil mélange de fébrilité d´immobilisme dans „Ondine“, statisme obsessionnel de „Gibet“, excubérance volcanique de „Scarbo“: son „Gaspard de la nuit“ laisse pantois. A l´instar d´un impérial premier cahier des „Variations Paganini“ de Brahms où, tour à tour obstinée, fantasque, tranchante ou rêveuse, rageuse et impérieuse, lunaire ou espiègle, la pianiste nous livre un véritable festival d´atmosphères.

2007-05-18 • La Libre Belgique
La démonstration de Vinnitskaya

Anna Vinnitskaya s'acquitte d'abord brillamment de „Dedicatio VI“, qu'elle joue de mémoire. Tour à tour décidée, intense ou ludique, sa sonate K. 309 de Mozart laisse présager un beau concerto en ré mineur samedi. Mais ce naturel suppose, on l'aura deviné, une technique à toute épreuve : une extraordinaire interprétation des brahmsiennes Variations sur un thème de Paganini vient le confirmer, le moins exceptionnel n'étant pas que la candidate réussit en sus à faire de ce monument virtuose un authentique moment de musique, tout comme elle le fera de son „Gaspard de la nuit“, avec une lecture éminemment expressive, charnelle et poétique. Que l'auteur de ces lignes soit changé en piano mécanique si on ne la retrouve pas en finale.

2007-05-11 • La Libre Belgique

Anna Vinnitskaya, Russe de 23 ans, décline un Bach [WK II/22] linéaire et sage, rélévant au passage un beau toucher, ferme et charnu. Les impressions se confirment dans les études de Chopin et de Debussy, réalisées avec maîtrise, et dans Tirana d´Albeniz, valant, en plus, par un dynamisme bienvenu.

1997-11-12 • Glasgow Herald

Let´s not pussyfoot about here, Anna Vinnitskaya is almost certainly one of the potentially great pianists of tomorrow. Tomorrow? Well, maybe that´s a little soon. The girl, after all, has just turned 14. But she is already, on the stream of evidence in her recital yesterday at Hutchesons´ Hall, frighteningly close to being the complete musician. [...]

She plays with a maturity that would have an experienced listener place her at least a decade beyond her years. [...]

She has a physical power beyond her years – capable of delivering the meatiest Rachmaninov with a wallop – and immense lyrical strenghts, allied with a beautifully smooth, virtuosic finger technique and a awesome sommand of dynamic contrasts.

But if there were elements that marked out her near-genious – and I do not exaggerate – they were evident in Prokofiev´s Toccata where her power-driven interpretation of the Russian´s obsessive, motoric rhythms was absolutely sensational, and, at another extreme, in her spell-binding, magical account of Chopin´s minor-key study where the composer spins out the distance between key notes of the melody, leaving the pianist to work miracles in connecting them endlessly-weaving figuration. Vinnitskaya did it wonderfully, with the ease and maturity of a master pianist.

Back to Top